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La mort subite cardiaque : un fléau méconnu
Q: Qu'est-ce que l'on entend par mort subite ?

Q: Existe-t-il des différences entre la mort subite du nourrisson et celle de l'adulte ?

Q: Quelle est la cause de la mort subite de l'adulte ?

Q: Quels sont les sujets qui sont le plus à risque de présenter ce type d'arythmie ?

Q: Si j'ai bien compris votre propos, la fibrillation ventriculaire est le trouble du rythme qui va provoquer le décès du patient en quelques minutes. Mais ne peut-on pas stopper cette fibrillation ventriculaire lorsqu'elle survient ?

Q: Mais il est impossible de disposer d'un défibrillateur à proximité de chaque patient qui va présenter une mort subite et de plus avant de délivrer un choc il faut, j'imagine, avoir enregistré l'électrocardiogramme du patient qui sera ensuite interprété par un médecin. Toutes ces conditions ne sont pas faciles à réunir dans ces situations d'urgence.

Q: Que peut-on faire devant un patient qui présente une mort subite si l'on ne dispose pas de DAE ?

Q: Où peut-on se former pour apprendre ces « gestes qui sauvent »et l'utilisation du DAE?

Q: Quelle est la situation à Monaco dans la lutte contre la mort subite ?

Q: Que faire chez un patient qui a survécu à un arrêt cardio-ciculatoire car il a été efficacement réanimé ?
Q: Qu'est-ce que l'on entend par mort subite ?

R :La mort subite est un décès inattendu, brutal survenant moins de une heure après le début des symptômes. Il peut s'agir d'un sujet qui ne se savait pas malade ou au contraire d'un patient qui était suivi pour une affection cardiaque, par exemple après un infarctus du myocarde, mais dont l'état clinique était stable et chez qui ce décès brutal n'était pas attendu.
 
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Q: Existe-t-il des différences entre la mort subite du nourrisson et celle de l'adulte ?

R : Oui, leurs mécanismes sont très différents. Curieusement la mort subite de l'adulte est moins bien connue du grand public que celle du nourrisson. Pourtant, elle est beaucoup plus fréquente. On estime que chaque année en Europe, 500 000 adultes décèdent subitement. En fait, la mortalité cardiovasculaire est la première cause de décès dans les pays occidentaux et la mortalité subite représente la moitié de ces décès. Finalement, la mort subite tue plus que le SIDA, le cancer du sein et le cancer du poumon réunis. Il s'agit donc d'un vrai problème de santé publique.

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Q: Quelle est la cause de la mort subite de l'adulte ?

R: Les causes peuvent être nombreuses mais le plus souvent il s'agit d'un trouble du rythme cardiaque très grave appelé fibrillation ventriculaire. Celui-ci peut tuer le patient de façon foudroyante, en quelques minutes.

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Q: Quels sont les sujets qui sont le plus à risque de présenter ce type d'arythmie ?

R: Ceux ayant présenté un infarctus du myocarde. L'infarctus du myocarde perturbe le cheminement de l'électricité intracardiaque (c'est elle qui donne l'ordre au cœur de se contracter) et peut créer des conditions anormales qui rendent possibles le déclenchement de troubles du rythme cardiaque graves. Il peut s'agir d'un infarctus très ancien chez un patient actuellement stable ou d'un infarctus en cours de constitution dans sa phase toute initiale. En fait, toutes les maladies cardiaques peuvent se compliquer de fibrillation ventriculaire. Enfin, il existe des cas où le cœur semble normal mais où le fonctionnement des canaux ioniques dans les cellules cardiaques est perturbé. Ceci peut être à l'origine de troubles du rythme très graves qui concernent le plus souvent des adultes jeunes voire des enfants ou des adolescents.
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Q: Si j'ai bien compris votre propos, la fibrillation ventriculaire est le trouble du rythme qui va provoquer le décès du patient en quelques minutes. Mais ne peut-on pas stopper cette fibrillation ventriculaire lorsqu'elle survient ?

R: Si bien sûr, avec un défibrillateur externe. Il s'agit d'un appareil qui envoie un fort courant électrique dans le thorax du patient par l'intermédiaire d'électrodes adhésives ou en métal. Le taux de succès de la défibrillation est très élevé avec cette technique, supérieure à 90 % lorsque le choc est délivré immédiatement après son déclenchement. En fait, les chances de succès du choc diminuent de 7 à 10 % chaque minute. Il faut donc agir très vite car après 3 minutes le cerveau présente des lésions irréversibles...

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Q: Mais il est impossible de disposer d'un défibrillateur à proximité de chaque patient qui va présenter une mort subite. De plus avant de délivrer un choc il faut, j'imagine, avoir enregistré l'électrocardiogramme du patient qui sera ensuite interprété par un médecin. Toutes ces conditions ne sont pas faciles à réunir dans ces situations d'urgence.

R: Pas du tout. Il existe des appareils appelés défibrillateurs semi-automatiques ou DAE qui vont réaliser automatiquement l'étape diagnostique. C'est-à-dire qu'après avoir collé les électrodes sûr la poitrine du patient, une voie synthétique va vous dire s'il existe un trouble du rythme cardiaque grave et si donc un choc doit être délivré. Il ne reste plus ensuite qu'à appuyer sur un bouton pour délivrer ce choc. C'est vraiment très simple. Le DAE peut être utilisé par quiconque a passé une courte formation spécifique. Cet appareil n'est donc pas réservé au personnels médicaux ou paramédicaux. Au contraire, un maximum de personnes doit pouvoir les utiliser. Aux Etats-Unis, plusieurs expériences pilotes ont vu le jour et ont donné des résultats favorables. Par exemple, à l'aéroport de Chicago des DAE ont été installés à la disposition du public, un peu à la manière des extincteurs et ont permis de sauver des vies.

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Q: Que peut-on faire devant un patient qui présente une mort subite si l'on ne dispose pas de DAE ?

R: Il faut absolument commencer une réanimation en appliquant à la victime en arrêt cardio-circulatoire « les gestes qui sauvent », c'est-à-dire le massage cardiaque et le bouche à bouche jusqu'à ce que les secours arrivent et délivrent un choc électrique. Le problème actuel, dans beaucoup de pays européens, est que une toute petite proportion de la population a reçu une formation pour pratiquer ces gestes qui sauvent. Aux Etats-Unis, dans certaines villes, 25 % des habitants sont aptes à réaliser une réanimation en attendant les secours. Aussi le pourcentage de patients vivants sans séquelle après un arrêt cardio-circulatoire depasse les 30 % contre 2 à 5 % en France.

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Q: Où peut-on se former pour apprendre ces « gestes qui sauvent »et l'utilisation du DAE?

R: A la Croix Rouge Monégasque est délivrée, par des secouristes professionnels, une formation de grande qualité qui est ouverte à tous et dure de un à quelques jours seulement. Je vous engage tous à poursuivre cette formation car vous pouvez ainsi sauver des vies.

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Q: Quelle est la situation à Monaco dans la lutte contre la mort subite ?

R: J'ai le sentiment qu'il y a une réelle prise de conscience du problème grâce en particulier à l'action de la Croix Rouge. Ainsi les policiers, les carabiniers, les stadiers, certains personnels de la SBM, de la galerie marchande de Fontvielle ont reçu cette formation de façon obligatoire aux « gestes qui sauvent » et à l'utilisation du DAE dans le cadre de leur travail. D'ailleurs, nous participons à l'examen qui sanctionne cette formation. Il existe une dizaine de DAE en poste fixe, répartis en Principauté. Mais bien sûr il reste encore beaucoup à faire.

 
Q: Que faire chez un patient qui a survécu à un arrêt cardio-ciculatoire car il a été efficacement réanimé ?

R: Ce patient est à haut risque de récidive. Il faut donc mettre en place un appareil interne appelé défibrillateur implantable qui va détecter en permanence le rythme du patient et délivrer automatiquement un choc si la fibrillation ventriculaire récidive. Cette opération peut être réalisée au CHPG dans le service de cardiologie.

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