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                                                       UNE MORT SUBITE
                                                      UN GESTE SOUDAIN
                                                  UNE LENTE RENAISSANCE




Ou ?              au Pont du Loup, petit hameau à 15 minutes de Grasse (Alpes Maritimes)
                    dans une maison individuelle située bien en contre bas de la route au bord
                    du Loup.

Quand ?          le 17 Avril 2008 vers 23H00 .

Qui est là ?     Geneviève S..., mon épouse.
                    Matthieu   S...., notre fils de 20 ans.
                    Guillaume St..., notre fils de 12 ans.
                    Hugo S..., notre fils de 9 ans et demi.
                    Georges S..., moi, 58 ans.

Evènements :

Le 17 Avril donc, vers 22H30, dans notre chambre parentale, je suis étendu sur mon lit avec Hugo qui lit une bande dessinée tandis que je regarde la télé. Je somnole comme d’habitude à cette heure à laquelle apparaissent extrasystoles et ralentissement du pouls.

JE NE REPRENDRAI CONNAISSANCE QU’EN MATINEE DU 25 AVRIL 2008.

Hugo me pose une question sur l’émission que nous regardons et bien qu’ayant les yeux grand ouverts je ne lui réponds pas. Il réitère sa question et comprends qu’il y a un problème. Il aurait dû être couché depuis déjà une bonne heure ! ce retard va lui permettre d’être le premier maillon d’une longue chaîne de sauvetage en donnant l’alerte dans le séjour à sa mère et à Matthieu, tandis que Guillaume était déjà couché. Passé quelques instants de stupeur, Geneviève appelle les pompiers, Matthieu vérifie ma ventilation et mon pouls comme il l’avait appris 4 ans auparavant lors du stage aboutissant à l’obtention de l’A.F.P.S. Constatant l’absence de tout signe de vie, Matthieu commence un massage cardiaque. Au téléphone le standardiste des pompiers rappelle qu’il faut me mettre sur le sol pour pratiquer un massage efficace. Aussitôt dit aussitôt fait et Matthieu entame les 20 minutes les plus longues de sa vie à tenter de ramener à la vie son père qu’il sait déjà mort.

Guillaume s’est levé en entendant tout ce remue ménage. Il est immédiatement envoyé par sa mère sur le bord de la route avec une lampe torche afin de guider les secours, ce qui, compte tenu de la configuration des lieux, a permis de gagner un temps précieux.
 
Chacun dans ces circonstances a réagi avec son cœur et ce qui lui restait de lucidité dans une course effrénée pour la vie, mais il est évident que les vingt minutes pendant lesquelles Matthieu m’a massé ont assuré une circulation sanguine minimum  indispensable à la préservation de mon cerveau et des chances d’efficacité du défibrillateur que ne manqueront pas d’utiliser les secours une fois sur place.
                                                                                                                                                                                                     Ce geste, si on ne l’a pas appris, on ne peut pas le pratiquer. Si mon fils ne l’avait pas appris je serais aujourd’hui soit décédé soit lourdement handicapé. Les statistiques données par les pompiers, les médecins, les chirurgiens se recoupent comme suit sur ce cas précis d’accident :

A partir du moment où les pompiers prennent en charge 100 cas de « mort subite », 95 n’arriveront pas vivant à l’hôpital, 4 en ressortiront cérébralement plus ou moins détruits, 1 seul rentrera chez lui sans séquelles apparentes. Je suis celui-là.

Revenons à notre chaîne de sauveteurs, les pompiers prennent donc le relais de Matthieu à qui il arrive encore de faire des cauchemars aujourd’hui. Leurs efforts conjugués à ceux du médecin du SAMU permettront de  faire « repartir » mon cœur et de le stabiliser provisoirement. Il y a environ deux heures et demie que je suis inconscient lorsque le VSAB m’embarque direction hôpital Clavary à Grasse.

Comment Matthieu, élément essentiel à mon sauvetage, s’est inscrit il y a 4 ans à un stage conduisant au brevet de formation aux premiers secours ? pas pour faire plaisir à ses parents, mais plutôt par identification à l’image du père. C’est avec infiniment d’ humilité que j’écris les quelques lignes qui suivent et qui dévoilent ce que j’ai au plus profond de moi. En 1994, Matthieu a 6 ans et grandit seul pour le moment entre ses parents qui ont la  particularité d’être chrétiens, au sens biblique du terme,  de vivre leur foi à visage et à cœur découverts. Moi, j’ai 44 ans, architecte, motard depuis l’age de 18 ans, je fais donc quotidiennement mon trajet domicile - bureau soit Pont du Loup - Cagnes sur Mer par les gorges du Loup, celles-ci représentant une dizaine de kilomètres assez déserts à mes horaires. Je remarque également que le téléphone portable ne passe pas sur 3 ou 4 de ces kilomètres. Une idée germe alors dans mon esprit : « il ne faudrait pas que je me casse la figure dans ce coin là  » puis une autre, probablement la meilleure que j’ai eu depuis longtemps « et si j’arrive sur un accident, moi seul avec une victime qui nécessite des gestes simples pour la maintenir en vie et que je ne les connais pas ».

Le lendemain, j’entame les démarches pour participer à la prochaine session organisée par la Protection Civile de Cagnes sur Mer en vue de l’A.F.P.S. dont j’obtiendrai le brevet avant la fin de l’année.

Matthieu a assisté à la préparation de ce projet : papa rentre tard le soir, pourquoi, papa apprend encore des leçons, pourquoi ? nous avons répondu à toutes ses questions. Bien qu’ayant pris beaucoup de notes, je regrettais qu’il n’y ait pas de mise à niveau régulièrement pour entretenir ce véritable outil de secours ou mieux profiter des progrès des techniques.

Je me dis alors que l’étape suivante pour être toujours prêt et efficace était de tenter une admission au sein des pompiers volontaires de Bar Sur Loup. Bien qu’un peu surpris du côté tardif de ma vocation, ils écoutèrent attentivement l’énoncé de mes motivations et m’accueillirent avec deux autres candidats.

Je découvrais les tours de gardes, les manœuvres, le matériel, l’ambiance familiale, les départs en urgence, le respect , l’effort, le stress. Matthieu a donc vu son père en tenue de pompier, a participé à des réunions festives entre pompiers accompagnés de leur famille (banquets, Ste Barbe, etc). Il l’a vu se lever de table le soir sur un simple coup de bip pour une intervention.

Cela n’a malheureusement pas duré longtemps, puisque six mois plus tard je subis mon premier infarctus du myocarde précisément en intervention, donc fin de l’épisode pompier mais la graine du sauvetage est désormais semée en Matthieu.

VENDREDI 18 AVRIL 2008                                                                                                                 
ARRIVEE HOPITAL CLAVARY
SERVICE REANIMATION   01H41
Sédation + soins  (trou noir complet)

Réveil Vendredi 25 au matin après une semaine de coma artificiel. Pas d’altération apparente des fonctions cérébrales. Il semble au grand soulagement de mes proches que je fasse partie des 1% de miraculés qui sont « récupérés » sans séquelles. Je n’ai aucun souvenir de ces jours où se sont relayés à mon chevet l’équipe de soins médicaux et l’équipe des proches venus m’entourer de stimuli, d’amour et de prières.

Le 30 Avril, je suis transféré au service cardiologie en observation jusqu’au 5 Mai, jour de mon départ au centre cardio-thoracique de Monaco. J’y resterai 5 jours durant lesquels je bénéficierai (et non pas je subirai) d’une échographie cardiaque, d’une coronarographie, d’un IRM, une échographie cardiaque à nouveau, enfin d’une visite du professeur D... qui m’annonce qu’ aux  résultats de ces examens, mon cas n’était pas cette fois-ci de son ressort, mais de celui du Docteur R..., spécialiste de la pose de régulateurs et de dé-fibrillateurs cardiaques.

Le 09 Mai 2008, transfert au centre hospitalier PRINCESSE GRACE où je passerai 4 jours au service des soins intensifs jusqu’au 13 Mai, jour de l’implantation par le Docteur R... de mon défibrillateur. Surveillance et pansements en service cardiologie jusqu’au 16 Mai 14H.00.

Puis retour dans mes foyers.

SINCERES REMERCIEMENTS : (dans l’ordre d’intervention)

·L’Eternel Tout Puissant qui, j’en suis convaincu, a été le chef d’orchestre de cette oeuvre interprétée par tous les « instruments » suivants : (ce qu’il fait tous les jours pour tous ses enfants qu’ils soient chrétiens ou non)
·Hugo S... pour l’alerte et la prière pendant l’intervention des pompiers.
·Matthieu S... pour son geste courageux et efficace et ses prières.
·Geneviève S... pour l’organisation des secours et ses prières.
·Guillaume S... pour ses efforts à guider les pompiers et ses prières.
·Les pompiers du Bar sur Loup qui n’ont pas ménagé leurs efforts jusqu’au bout.
·L’équipe de la réanimation de l’hôpital Clavary qui s’est battue avec/pour moi.
·L’église évangélique de Grasse qui m’a soutenu durant tout mon coma.
·Le personnel du service cardiologie de Mr. T... à Clavary.
·Le personnel du service cardiologie du centre cardio-thoracique de Monaco.
·Le personnel des soins intensifs de l’hôpital Princesse Grace.
·L’équipe du Docteur R... pour l’implantation du défibrillateur.
·Le personnel du service cardiologie de l’hôpital Princesse Grace.
   



                                                                                        Georges Luc S...

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